MOTUS, et les réseaux se taisent !

MOTUS pour faire taire notre addiction aux réseaux sociaux

6h42 d’internet par jour ! Dans le monde, les utilisateurs ont passé
en 2018, en moyenne, 6h42 par jour sur Internet (4h38 pour les français)
dont 2h16 sur les médias sociaux (1h18 pour les
français). Le rapport annuel « We are Social 2019 » (voir lien en
commentaires) vient de sortir et confirme que le nombre d’utilisateurs
d’internet continue de progresser dans le monde (+9,1%, +367 millions
d’internautes) autant que d’utilisateurs actifs de réseaux sociaux (+9%,
+288 millions).

La technologie est agnostique de toute morale

Passer 6h42 sur le web (y compris, je suppose pour des activités
professionnelles) n’est ni bien, ni mal, tout dépend de l’usage qu’on en
fait. La technologie est agnostique de toute morale. Ce n’est souvent
qu’un moyen qui permet d’agir. Pourtant, la démocratisation des
smartphones, l’évolution de l’ergonomie des applications, et les
business models des géants du web ont incité l’utilisateur à un usage de
plus en plus intense du numérique. Aujourd’hui, nos comportements face à
l’information, face aux loisirs, nos modes de relations, de
communication, de consommation, de collaboration, de création, de
production ont été bouleversé, de manière irréversible, en l’espace d’à
peine une dizaine d’années.

Les applis exploitent les besoins de votre cerveau

Ces bouleversements ont des impacts positifs car ils permettent
d’être en relation plus facilement, d’avoir accès à des téraoctets de
ressources, de se former en ligne, de commander à manger de son canapé
et d’être plus réactifs face aux imprévus. Toutefois, les applications
qui fournissent des services gratuits (Facebook, Google, Instagram,
Snapchat …) s’appuient sur des modèles économiques qui nécessitent que
nous leurs fournissions de façon consciente ou pas nos données, notre
temps ou notre argent. Ces applications exploitent des mécanismes
cognitifs qui nous incitent à rester dans une bulle virtuelle qui répond
à 3 grandes familles de besoins « archaïques » de notre cerveau :

  • besoin de Sécurité
  • besoin de Relation
  • Besoin de Plaisir

En fonction du contexte, les décisions sont prises par l’un des 4
pilotes qui coexistent dans notre cerveau : la gouvernance instinctive,
grégaire, émotionnelle et adaptative (Voir Approche Neurocognitive et
Comportementale). Chaque pilote cherche à satisfaire une famille de
besoins : instinctif = sécurité, grégaire = relation, émotionnel =
plaisir, gouvernance adaptative = sérénité.

Or les réseaux sociaux, pour satisfaire leur modèle économique,
sont devenus de plus en plus sophistiqués et élaborés pour répondre aux 3
premières familles de besoins fondamentaux et nous piéger dans leur
univers clos.

Notre cerveau est malléable, il se reconfigure sans cesse en
fonction des interactions que nous avons avec notre environnement. C’est
le miracle de la neuroplasticité. Et les premiers effets négatifs
apparaissent quant à l’usage intensif du numérique, en particulier chez
les enfants et les adolescents : perte de sommeil, d’attention, de
capacités de concentration, de confiance, agressivité, dégradation des
relations, isolement voire dépression. Ce qui amène plusieurs pays à
vouloir légiférer sur l’usage des tablettes par exemple chez les
enfants.

 

Comment reprendre le contrôle ?

L’objet n’est pas de diaboliser les réseaux sociaux, de stopper
tout usage de ces outils précieux, mais plutôt de retrouver une posture
saine voire écologique pour les utiliser à bon escients. Je suggère une
approche simplifiée sous l’acronyme mnémotechnique de M.O.T.U.S :

Découvrir MOTUS en 1mn30 en video !

C’est quoi « Faire MOTUS » ?

–     M comme Moment. A quel Moment vais-je sur les réseaux sociaux ? Lorsque j’ai commencé à vouloir identifier dans ma journée à quelle occasion j’allais saisir de façon compulsive mon smartphone, je me suis rendu compte que j’étais souvent confronté à une forme d’inconfort : ennui, tâche complexe, imprévue, frustrante, peu claire. Et le portable pouvait agir comme une compensation plaisante face à cet inconfort.

–     O comme Objet. Pourquoi vais-je sur les réseaux ? Pour me divertir, m’informer, rechercher une information, vérifier ce que mes amis ont posté, commander etc. Il n’y a pas de jugement, la seule chose est d’être clair sur l’objectif… et d’accepter d’identifier les bénéfices secondaires que cela m’apporte. Car en lançant une recherche sur le web, il y a de grandes chances que vous vous retrouviez à faire tout autre chose dans 10 minutes que ce qui était prévu 😉

–     T comme Temps. Lorsque je commence à consulter mon smartphone ou mon ordinateur, puis-je définir un laps de temps que je souhaite consacrer à cette activité ? 3 mn, 15 mn, une heure ? La libération de dopamine, dans le cerveau, altère notre perception du temps (un article plus détaillé est en préparation sur le sujet). Il est normal de perdre nos repères temporels lorsque nous sommes plongés dans une activité en ligne, car les concepteurs d’applications les élaborent aussi dans cet objectif. Ils s’appuyent de plus en plus sur des expertises en sciences cognitives. J’y reviendrai.

–     U comme Utilité. Puis, après avoir passé 15 mn ou 2 heures sur les réseaux, demandez vous : quelle a été l’utilité de ce temps passé ? Ai-je utilisé ce temps de façon approprié ? Est-ce que cela m’a appris quelque chose, est ce que cela m’a permis de faire quelque chose, de rentrer en relation avec quelqu’un, de découvrir un lieu, une idée… Et cela peut très bien être : me détendre, m’évader, m’aérer la tête… Une fois de plus, il ne s’agit pas d’une course à l’efficacité. Il s’agit seulement d’être en accord avec ces choix.

–     S comme Sensation. Lorsque je pose mon smartphone, je peux me demander sincèrement et courageusement ce qui est vivant en moi, ce que je ressens. Est-ce que je me sens bien, détendu, rempli … ou débordé par le flux d’informations, par tous les mails en retard, frustré, agacé, contrarié, mal à l’aise du jugement que je porte sur moi ou sur les autres suite à telle publication.

 L’ordonnance est simple : Pratiquer le MOTUS au moins une fois par jour nous permet de reprendre le contrôle de nos comportements compulsifs, et du temps passé involontairement sur le web.

En parallèle, vous pouvez également

  • Désactiver les notifications. Les interruptions sont catastrophiques pour nos capacités cognitives de concentration et d’attention. Faites le test et identifiez combien de notifications valaient vraiment la peine de vous interrompre dans une journée !
  • Accordez vous des plages de travail sans interruption en mettant votre téléphone en mode « ne pas déranger »
  • Installez une application comme Moment, FocusTime qui vous permettent de voir l’usage de votre temps sur vos appareils digitaux.

Inventez vos propres outils ou méthodes, peu importe. Quoi qu’il en soit, retrouvez de la liberté et développez votre Intelligence Digitale 😉

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